La conception bioclimatique pour une maison saine

collègues travaillant ensemble sur un projet environnemental

Une maison bioclimatique peut se targuer de consommer moins d'énergie pour un confort optimal en toute saison. Quels sont les grands principes qui s'appliquent à ces constructions ? De la théorie à la pratique, voici les 6 éléments à retenir de l'approche bioclimatique.  

 

1 - Penser l'orientation des façades  

Le confort thermique en toute saison et à moindres frais commence par l'orientation stratégique des façades. Il n’y a pas de recette miracle, mais un plan adapté à chaque projet en fonction du type de climat, de la nature du site et des différentes pièces qui composent la maison. En règle générale, les expositions sud et nord font l’objet d'une vigilance particulière pour éviter la surchauffe en été ainsi que le manque de lumière et d'apport de chaleur en hiver.  

Les façades les plus exposées au rayonnement solaire vont emmagasiner la chaleur et la restituer progressivement vers l'intérieur du logement. Avec les surfaces vitrées, le processus est encore plus rapide et plus intense. C’est un « plus » en hiver pour chauffer et illuminer gracieusement son logement. Mais cela constitue aussi une potentielle source d'inconfort thermique en été. Le maître d'œuvre doit trouver le juste équilibre.  

 

2 - Réduire les dépenses électriques 

Environ 10 % des dépenses en électricité sont consacrées à l'éclairage artificiel. Une conception bioclimatique permet d'optimiser les apports en lumière naturelle. Cela signifie qu’en journée toutes les pièces de vie bénéficient d’une luminosité abondante. Les occupants peuvent ainsi réduire l'usage des luminaires, y compris pour les activités qui requièrent une excellente visibilité (lecture, travail sur écran…).  

Idéalement, l'orientation et la disposition des pièces permettent de repousser l'échéance au maximum, quand la luminosité extérieure devient trop faible. Le contre-exemple s'observe régulièrement dans l'existant. Vous noterez parfois que la luminosité extérieure est encore très bonne en fin de journée, alors que l’intérieur s’est considérablement assombri. Ce ne sera pas le cas dans une maison bioclimatique.  

Cette économie d’énergie contribue par ailleurs à réduire la pollution électrique dans l'habitat et participe à la protection contre les ondes électromagnétiques dans la maison. L'éclairage et les appareils électriques sont une source potentielle de nuisances électromagnétiques. Limiter leur utilisation permet de réduire l'exposition aux ondes. Il est également possible d’agir à la source pour protéger l'habitation contre certaines pollutions électromagnétiques. La gaine blindée Flexaray réduit ainsi la diffusion des champs électromagnétiques émis par l'installation électrique domestique. Ces solutions sont compatibles avec les projets de construction et de rénovation pour un habitat sain.  

 

3 - Mobiliser des énergies renouvelables  

Les sources d'énergie renouvelables peuvent être mises à profit pour alimenter la maison bioclimatique en électricité, mais aussi, et surtout, en énergie de chauffage et de production d'eau chaude. Ces deux derniers postes de dépenses étant les plus importants du parc résidentiel.  

Pour la production d'électricité, l'habitat bioclimatique pourra se doter de panneaux solaires photovoltaïques. Ceux-ci peuvent être installés sur le toit si les configurations s’y prêtent. Intégrés au bâti, ils remplacent efficacement les tuiles traditionnelles. Il est également possible d’opter pour une installation au sol.  

Pour le chauffage, les solutions exploitant des énergies renouvelables ne manquent pas : solaire thermique, pompe à chaleur (PAC) aérothermique ou géothermique, chaudière bois… Vous pouvez même faire installer un insert cheminée ou un poêle en complément pour l’hiver.  

Pour le confort d'été, les constructions bioclimatiques peuvent compter sur des systèmes bien plus économiques que la climatisation, comme le géocooling ou le puits provençal 

 

4 - Favoriser la ventilation naturelle  

Une bonne ventilation est essentielle si l’on veut gagner en autonomie dans l'habitat. Si vous devez constamment ouvrir les fenêtres pour renouveler l’air ambiant, vous allez perdre les précieuses calories produites en hiver et/ou la fraîcheur durement acquise pendant les nuits d’été.  

Un système de ventilation mécanique contrôlé (VMC), idéalement double-flux, garantit le juste niveau de renouvellement selon les dimensions, le nombre d'occupants et les fonctions du bâtiment. Dans l'habitat, les activités de cuisson et d'entretien sont une source importante de pollution intérieure.  

Pour une maison saine, l'air vicié doit être chassé régulièrement. Une bonne VMC permet de s’en assurer sans déperdition thermique inutile.  

5 - Garantir une excellente isolation thermique  

La ventilation est effectivement une source de déperdition thermique, mais elle reste minime. L’essentiel des pertes de chaleur en hiver se fait au niveau du toit, des murs, des fenêtres et des planchers bas.  

L’habitat bioclimatique ne peut pas se contenter du respect des standards, il doit aller plus loin en termes de performance et de résilience. Cela passe par le choix des matériaux isolants en considérant toutes les propriétés techniques utiles : conductivité thermique (coefficient lambda λ), résistance thermique (R), transmission thermique (U).  

6 - Favoriser l'inertie et le déphasage 

L’inertie et le déphasage offerts par l'enveloppe du bâti font partie des critères à étudier pour livrer une maison bioclimatique. Si la restitution de la chaleur extérieure est trop rapide, l'habitat ne pourra pas faire face aux fortes chaleurs sans l’action du climatiseur. Pour ne pas dépendre des systèmes de production de froid, il faut optimiser tous les éléments du bâtiment, et cela inclut une bonne inertie et un bon déphasage thermique 

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