Construire soi-même sa maison : comment être bien préparé ?

comment construire sa maison

Précautions générales avant de se lancer dans l’auto-construction

Les auto-constructeurs regroupent des profils très variés allant des moins expérimentés aux professionnels qui entreprennent le chantier de leur propre maison. Les auto-constructeurs sont le plus souvent animés par la satisfaction d’avoir porté un projet de bout en bout et la perspective de réaliser des économies substantielles. Ces économies se font sur le savoir-faire et l'expérience de l'artisan. Et pour s'en passer, lorsque l’on n’est pas soi-même professionnel, mieux vaut être bien entouré et anticiper les délais et les coûts avec la plus grande précision.

L'auto-constructeur particulier doit orchestrer l'avancement du chantier en tenant compte des disponibilités des différentes compétences indispensables à chaque étape de la construction. Face à la complexité de cet exercice organisationnel, difficile de boucler un chantier dans les mêmes délais qu'une entreprise disposant déjà de toutes les forces vives du métier.

Bien qu’allégée du coût de la main d'œuvre, l’enveloppe d’un projet d'auto-construction reste conséquente et doit pouvoir couvrir les frais :

  • d’achat et de viabilisation du terrain ;
  • de demande de permis (frais de constitution de dossier pour la réalisation des plans, de l’étude thermique, de l'étude des sols le cas échéant…) ;
  • de règlement des taxes locales à la construction ;
  • de matériaux pour le gros œuvre et les huisseries ;
  • de matériaux isolants pour l'enveloppe de la construction ;
  • de matériaux pour les cloisons intérieures, l'installation électrique, la plomberie ;
  • les équipements des installations sanitaires, de production d’eau chaude et de chauffage ;
  • les produits de revêtement, de peinture, d’enduits ;
  • le terrassement...

Tous les frais doivent être listés afin que le budget prévisionnel puisse être au plus proche de la réalité. Et si les éléments du gros œuvre et des finitions sont rarement oubliés, certaines tâches annexes passent plus facilement à la trappe. C’est par exemple le cas de l'attestation Consuel qui doit être achetée et complétée par l’auteur des travaux.

Comment choisir ses matériaux de construction ?

Que la démarche soit avant tout économique ou écologique, les matériaux issus de productions locales et peu transformés sont à privilégier. Le transport et le traitement sont une étape coûteuse et gourmande en énergie et en eau. Les matériaux biosourcés issus d'exploitations locales et durables contribuent ainsi à réduire l'empreinte carbone globale du bâtiment. Il peut s'agir du bois ou de la paille, mais aussi du chanvre, du liège et de la ouate de cellulose qui présentent d'excellentes propriétés isolantes et hygrothermiques.

Il est essentiel que les matériaux sélectionnés soient capables d’évoluer ensemble dans le temps sans que leurs propriétés naturelles n'entrent en concurrence. Des fondations à la charpente, en passant par la dernière couche d’enduit, l'assemblage des différents matériaux doit former un tout cohérent capable de fonctionner sans s’altérer. Pour s’en assurer, il faut considérer les différentes caractéristiques des matériaux :

  • coefficient de résistance à la diffusion de la vapeur d’eau ;
  • conductivité thermique ;
  • résistance thermique…

La pertinence de l'assemblage de deux couches, par exemple un matériau isolant et un parement extérieur ou intérieur, dépend de ces valeurs au regard de la position des différents matériaux les uns par rapport aux autres.

Exemple d'assemblage à proscrire : un isolant perméable à la vapeur d’eau piégé par des matériaux de parement faisant obstacle à la diffusion de la vapeur d’eau. Dans ce cas, l'évacuation de l’humidité n’est pas assurée entraînant à terme la détérioration accélérée de tous les matériaux en proie à l’humidité.

Financement : existe-t-il des aides pour construire sa maison ?

Le financement de ce type de projet, très personnel, repose généralement sur les deniers du particulier. En cause, le principe même de l'auto-construction. En l'absence d’intervention d'un professionnel qualifié, il devient difficile pour un acteur tiers (banque, dispositif d’aide mis en place par l’État...) de compter sur la conformité de la construction ou sur les performances énergétiques attendues. Ce sont généralement les qualifications de l’entreprise engagée pour la réalisation du chantier qui permettent d’en attester. Mais lorsque le particulier et ses proches sont à la manœuvre, les organismes de prêt peuvent se montrer réticents.

Où trouver des conseils pour préparer son chantier d’auto-construction ?

Pour mieux se préparer, il est possible de se tourner vers une association œuvrant au service d’auto-constructeurs en herbe. À la clé, des conseils de professionnels et de particuliers rôdés à l’exercice, mais aussi des bonnes adresses pour se fournir en matériaux et s’équiper en système performant à moindre frais. Parmi les membres actifs du réseau, il est possible de retrouver des professionnels de métier prêts à s’engager sur un chantier. Il peut s’agir par exemple d’ingénieurs thermiciens pour étudier la pertinence des matériaux et équipements au regard de l'environnement de construction, ou d’électriciens formés à la pose de gaines électriques anti-rayonnement électromagnétique. Un bon moyen de faire le plein de compétences !

 

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